La Société canadienne du cancer finance une nouvelle étude qui vise à quantifier les conséquences humaines et économiques des facteurs causant le cancer dans les milieux de travail.
L’étude, qui s’étendra sur quatre ans, estimera le nombre de nouveau cas de cancer et le nombre de décès par cancer attribuables au milieu de travail.
Elle évaluera également les répercussions économiques de l’exposition professionnelle à 44 carcinogènes connus ou présumés et leur lien avec 27 types de cancer.
Le Dr Paul Demers, directeur du Centre de recherche sur le cancer professionnel (CRCP), dirigera une équipe multidisciplinaire et pancanadienne dans la réalisation de l’étude, qui bénéficie d’une subvention d’un million de dollars.
« À la fin de l’étude, nous aurons des données fiables qui permettront ensuite aux représentants du monde du travail et aux décideurs politiques de déterminer ce qui doit être modifié, mis en application ou renforcé dans les règlements sur l’exposition professionnelle pour prévenir les cancers liés au milieu de travail », affirme le Dr Demers.
L’étude devrait également aider les médecins à détecter précocement le cancer attribuable au milieu de travail.
Il s’agit de la première étude canadienne de ce genre. D’autres pays, comme la Finlande, ont déjà réalisé des études similaires.
Dans le cadre de cette étude, les chercheurs évalueront 44 carcinogènes connus ou présumés, choisis à partir des données compilées par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la Santé. Parmi ces sources d’exposition professionnelle, on compte :
- des produits chimiques employés en industrie, tels que le benzène, le formaldéhyde et le buta-1,3-diène, un produit grandement utilisé dans la production de caoutchouc synthétique:
- des métaux, tels que le chrome, le nickel et l’arsenic; et
- d’autres types de facteurs, tels que l’exposition au soleil, l’amiante, les peintures, les fumées de diesel et le travail par quarts.
En plus d’estimer le nombre et la part des cas de cancer et des décès attribuables à une exposition à des agents ou à des facteurs carcinogènes pendant le travail, cette étude tentera :
- d’estimer les coûts directs (par exemple, les soins médicaux), les coûts indirects (par exemple, le temps de travail perdu) et les coûts en termes de qualité de vie des cancers liés au milieu de travail;
- d’estimer le fardeau humain et économique des cancers liés au milieu de travail par province, type d’industrie, secteur d’activité et sexe; et
- de projeter ces estimations dans le futur pour mesurer les avantages à tirer d’actions préventives, comme l’utilisation réduite de produits toxiques.