Au moment d’écrire ces lignes, l’impasse budgétaire aux États-Unis vient de se résoudre… pour l’instant. Même s’il est résolu, ceshutdown pour reprendre l’expression anglaise est un signal de plus que les économies de notre voisin du Sud aussi bien que mondiale demeurent fragiles.

Qu’à cela ne tienne, l’on constate qu’en général, le début de l’année 2013 a été très positif pour les 40 plus importants gestionnaires d’actifs de caisses de retraite canadiennes. En effet, selon les résultats du dernier sondage du Canadian Institutional Investment Network, les actifs gérés par ces sociétés ont augmenté de 10,3 % pour se chiffrer à 616,4 milliards de dollars. À titre comparatif, le Top 40 de l’automne 2012 avait enregistré des gains de 1,2 %. Pas de changement à la tête du classement. C’est de nouveau Gestion de Placements TD (GPTD) qui se retrouve au sommet, grâce à une croissance de 5,7 % de ses actifs. Comme en 2012, la société est suivie de Blackrock (2e rang), de Philips, Hager & North Investment Management (RBC Gestion mondiale d’actifs) (3e), de Beutel, Goodman & Company (4e), ainsi que de State Street Global Advisors (5e).

Cliquez ici pour télécharger cet article en version pdf et consulter les tableaux du Top 40.

Jean Masson, vice-président et directeur à GPTD, rappelle que les actions ont affiché de forts rendements, tandis que ceux des obligations sont demeurés négatifs dans les neuf premiers mois de 2013. « En général, c’est bon pour les caisses de retraite, dit-il. Les taux d’intérêt ont augmenté, ce qui fait baisser le passif des régimes. Comme les caisses investissent dans un mélange d’actions et d’obligations, elles ont perdu un peu sur les obligations à long terme et gagné sur leurs actions. Leurs déficits actuariels ou le ratio actif-passif se sont donc améliorés. »

M. Masson ajoute que l’année a aussi été marquée par une croissance continue des stratégies d’actions à faible volatilité. « Les investisseurs délaissent les indices traditionnels et les stratégies basées sur la capitalisation boursière, observe-t-il. Les stratégies à faible volatilité privilégient plutôt le faible risque, donc une pondération inversement proportionnelle au risque de chaque titre par opposition à sa capitalisation. La forte adoption de ces stratégies diminuera peut-être, mais comme elles sont relativement nouvelles, il y a la possibilité de plus de croissance. »

Sur le plan des obligations, GPTD constate une réduction de la demande pour les obligations gouvernementales et un accroissement de la demande pour les obligations corporatives, « particulièrement celles à haut rendement, soit avec des cotes de crédit en bas des niveaux institutionnels. »

La seule firme à entrer dans le Top 10 est Corporation Fiera Capital (6e rang), après une année d’acquisitions et une augmentation de 36 % des actifs gérés. En outre, il y a quatre nouveau noms sur le classement par rapport à l’année dernière : Hexavest (32e), Gestion de Placements Mawer (34e), Burgundy Asset Management (37e) et Mercer Global Investments Canada (38e). Hexavest a enregistré un taux de croissance de 37,7 % pour atteindre 5,6 milliards de dollars d’actifs gérés. Francis Chartier, vice-président, Service à la clientèle et Développement des affaires, note que la hausse des marchés a eu un effet très positif sur la société, dont tous les actifs sont en actions, principalement mondiales et canadiennes. « Pour nos clients caisses de retraite, cela a été une bonne année parce que les rendements ont amélioré la situation financière du régime en général, dit-il. Mais l’année a aussi été très positive sur le plan des nouveaux clients. » Une tendance particulière s’est traduite par une préférence pour des mandats d’actions mondiales et le fait que les caisses délaissent des mandats ACWI (All Country World Index), constitués d’actions mondiales et des marchés émergents. « Les clients sont devenus un peu plus frileux à l’égard de ces catégories d’actifs en raison du rendement faible des marchés émergents depuis le début de l’année, dit M. Chartier. Or, nous croyons toujours fortement à ceux-ci. Pour un bon nombre de clients, c’est une bonne idée d’aller vers un mandat ACWI. » Qui plus est, il note une tendance comparable à la recherche de la préservation du capital du côté des titres à revenu fixe. « On cherche à se positionner un peu de cette façon en choisissant des gestionnaires ou des produits qui protègent davantage contre une éventuelle baisse de marchés. »

Une autre tendance au cours des derniers mois a été l’intérêt continu à l’égard des stratégies d’investissements guidés par le passif (IGP), constate Patrick De Roy, gestionnaire de portefeuille institutionnel à Pyramis Global Advisors (17e rang). « De plus en plus de régimes adoptent une stratégie globale sur le plan des placements, ils cherchent des solutions plutôt qu’un produit particulier, dit-il. Lorsqu’ils examinent l’IGP, ils modifient aussi leur portefeuille d’actions ou de placements alternatifs comme l’immobilier ou les infrastructures. »

Les tendances observées cette année risquent de demeurer présentes au cours des prochains mois. Les événements aux États-Unis devraient sensiblement marquer le pas, tant du côté du revenu fixe que sur le plan des actions. « Même si les marchés ont été plus stables cette année, les derniers mois ont présenté plus de volatilité. C’est une réalité qui devrait se poursuivre en 2014 et à laquelle devront faire face les investisseurs institutionnels, dit M. De Roy. De bonnes nouvelles émanent de certains pays, mais nous sommes loin d’une phase normale de croissance pour l’économie mondiale. » Beaucoup d’incertitude subsiste aussi quant aux taux d’intérêt et aux mesures que prendra la Réserve fédérale américaine. « On anticipe une hausse des taux, mais on ne sait ni quand ni de combien, dit Jean Masson. Nous ne pensons pas qu’elle soit très forte, mais il devrait tout de même y avoir une petite augmentation. »

Finalement, nous vous proposons cette année le classement des dix plus importants gestionnaires d’actifs selon le genre de régime de retraite, à savoir de prestations déterminées (PD) ou de capitalisation. Au niveau des régimes PD, c’est Gestion de Placements TD qui mène le peloton avec 58,4 milliards de dollars d’actifs gérés. Blackrock, quant à elle, gère le plus d’actifs de régimes de capitalisation.

Cliquez ici pour télécharger cet article en version pdf et consulter les tableaux du Top 40.