L’année 2025 a été difficile pour les placements en capital-investissement, alors que plusieurs grands investisseurs institutionnels canadiens ont enregistré des pertes dans cette catégorie d’actif.
Le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RREO) a vu la valeur de son portefeuille de capital-investissement reculé de 5,3 % l’an dernier, sa pire performance pour cette catégorie d’actif depuis 2008, rapporte le Financial Times. Le régime de retraite des employés municipaux de l’Ontario (OMERS) n’a guère fait mieux avec un rendement de -2,5 %, son résultat le plus faible depuis 2020.
La Caisse est parvenue à demeurer en territoire positif pour ses placements privés, mais le rendement de 2,3 % obtenu n’a rien de glorieux. Un résultat bien en deçà des 12,6 % de rendement de son indice de référence composé à environ 50 % d’actions inscrites en bourse.
Le régime de retraite des travailleurs de la santé de l’Ontario (HOOPP) a pour sa part enregistré une faible croissance de ses placements privés (2,1 %), encore une fois un résultat largement inférieur à son portefeuille de titres boursiers (11,7 %).
La contre-performance de cette catégorie d’actif pourrait en partie s’expliquer par la hausse des taux d’intérêt depuis 2022, rendant les coûts d’emprunt plus élevés et affectant négativement les transactions, le rendement et les options de sortie.
« Les investisseurs en capital-investissement ont dû composer avec une hausse du coût du capital, des marchés de sortie plus restreints et une plus grande complexité opérationnelle, ce qui a pesé sur les rendements », a expliqué au Financial Times le premier directeur général, Actions au RREO, Dale Burgess.
La valeur du portefeuille de capital-investissement de la caisse de retraite a chuté de 60,4 milliards de dollars à 50,8 milliards de dollars l’année dernière. Pour renverser la tendance, le RREO assure avoir opéré un « changement stratégique » dans des secteurs où il estime disposer d’un avantage concurrentiel, notamment le secteur des services, la finance et la technologie.
La Caisse a pour sa part attribué ses résultats décevants en capital-investissement à la faible croissance des bénéfices des sociétés de son portefeuille et à la baisse des multiples dans les secteurs de la technologie et de la santé. OMERS a pointé du doigt la faible performance de ses portefeuilles d’entreprises en phase de démarrage et de capital de risque.
Le système de retraite canadien est un investisseur majeur dans le capital-investissement, avec plus de 20 % des fonds de retraite du secteur public alloués à cette catégorie d’actifs, selon le groupe de réflexion New Financial.