Les plaintes pour discrimination visant les personnes LGBTQ au travail ont doublé au cours des cinq dernières années, rapporte la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

Depuis 2020, le nombre de plaintes pour discrimination envers les personnes LGBTQ déposées auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse connaît une augmentation considérable, selon le dernier rapport de l’organisation.

Le total de ces plaintes, que ce soit pour la discrimination basée sur l’orientation sexuelle ou pour la discrimination d’emploi fondée sur l’identité ou l’expression de genre, a augmenté de 123 % depuis 2020, bien davantage que l’ensemble des autres motifs (35 %).

Le nombre de plaintes pour discrimination envers les personnes LGBTQ a atteint son plus haut niveau depuis 20 ans. Pourtant, depuis 2004, la Commission a perdu la compétence de recevoir des plaintes provenant de milieux syndiqués, qui ne peuvent être adressées qu’auprès de l’arbitre de grief, sauf exception. Par ailleurs, en 2006, la Commission a adopté un processus qui a entraîné une diminution de 34 % des demandes reçues. Enfin, l’entrée en vigueur de disposition prévoyant un recours en cas de harcèlement psychologique dans la Loi sur les normes du travail a entraîné une diminution importante du nombre de plaintes reçues.

Malgré ces facteurs qui ont contribué à la diminution du nombre de plaintes, la Commission assiste à un rebond des plaintes pour discrimination envers les personnes LGBTQ depuis 2020.

Ce sont les discriminations d’emploi fondée sur l’identité et l’expression de genre qui connaissent la plus forte augmentation, avec un sommet historique de 17 plaintes en 2024.

« Si les avancées juridiques des dernières décennies ont permis d’éliminer certaines formes explicites de discrimination, l’analyse démontre que l’homophobie et la transphobie demeurent bien présentes dans des milieux de travail », commente Nadine Koussa, la présidente de la Commission des droits.

La Commission souligne que les personnes victimes de discrimination sont davantage encouragée à déposer une plainte quand la société s’empare du sujet. « Le nombre de plaintes reçues par la Commission pour discrimination en emploi pour les deux motifs étudiés augmente lorsqu’il est question de diversité sexuelle et de genre dans l’espace public. Les personnes concernées sont alors probablement davantage sensibilisées aux recours existants, se sentent davantage autorisées à dénoncer certaines situations ou encore sont possiblement davantage discriminées en raison du climat social. Le secteur de l’emploi semble ainsi influencé par ce qu’il se passe plus largement dans la société », indique le rapport.