Les jeunes adultes ont de plus en plus souvent recours aux antidépresseurs, bien plus qu’aux consultations de professionnels de la santé mentale.

La croissance annuelle du recours aux soins psychologiques et aux antidépresseurs est bien supérieure chez les jeunes adultes que chez toute autre catégorie de la population, montre une étude de Beneva, intitulée Perspectives et tendances santé 2026.

Entre 2017 et 2025, le nombre de jeunes assurés qui ont consulté un professionnel de la santé mentale a doublé, soit une augmentation annuelle moyenne de 9 %, pointe le rapport. L’incidence s’établit à 5 % pour les adultes âgés de 18 à 30 ans.

Plus que le recours aux professionnels, le traitement pharmacologique est privilégié parmi les jeunes adultes.

Au cours de la même période, la prise d’antidépresseurs a également progressé 2,5 fois plus vite dans ce groupe d’âge que dans les autres tranches d’âge. Le taux de croissance annuel moyen du recours aux antidépresseurs dépasse désormais 6 %, alors qu’il dépasse à peine les 2 % chez les autres adultes. L’incidence de ces traitements médicamenteux est légèrement inférieur à 25 % chez les 18-30 ans.

Pourtant, « même si les médicaments peuvent aider, ils sont rarement le seul élément nécessaire au rétablissement », prévient le rapport de Beneva, qui pointe les difficultés d’accès aux professionnels de la santé mentale.

« La psychothérapie comporte des coûts importants, et les régimes d’assurance ne proposent pas tous le même niveau de couverture, ce qui peut entraîner des frais à la charge des adhérents. De plus, les longs délais d’attente peuvent retarder l’accès au traitement. En l’absence d’un accompagnement psychothérapeutique accessible, les médecins n’ont parfois d’autre choix que de prescrire des médicaments pour soulager les symptômes », explique le rapport.

L’étude suggère d’élargir la couverture ou d’augmenter les montants couverts pour les professionnels de la santé mentale, afin de favoriser une intervention précoce. Les frais restant à la charge des adhérents devraient être réduits.

Les jeunes adultes devraient aussi avoir une meilleure connaissance des services offerts dans le cadre des programmes d’aide aux employés (PAE).