La Cour supérieure obligera finalement AbitibiBowater à bonifier le régime de retraite de ses employés. Cette décision fait suite au dépôt d’une requête au tribunal des syndicats représentant les travailleurs d’AbitibiBowater pour obliger l’entreprise à respecter son engagement qui était d’améliorer le régime de retraite.
La papetière devait ainsi permettre aux travailleurs de prendre leur retraite à 57 ans plutôt qu’à 58, et ce, sans pénalité. Les syndicats avaient récemment accepté d’augmenter leurs cotisations au régime de retraite afin de bénéficier de cette amélioration.

La Cour supérieure a estimé illégale la décision de l’entreprise d’abolir la clause qui avait été négociée, même si AbitibiBowater s’est mise sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Selon le juge Clément Gascon, des changements à la convention collective ne peuvent être apportés qu’à travers de nouvelles négociations avec les syndicats.
La nouvelle clause permettant la retraite anticipée à 57 ans coûterait 68 millions de dollars à la papetière pour 200 travailleurs.

La cour ordonne donc le versement des rentes anticipées prévues le 1er mai dernier. L’ensemble du financement de ces retraites anticipées sera considéré de nouveau toutefois dans le débat plus large qui s’amorcera sous peu sur les caisses de retraite de l’entreprise.

D’ici quelques jours, le dossier des caisses de retraite d’AbitibiBowater sera examiné par un juge de la Cour supérieure du Québec. La papetière a fait la demande d’être autorisée à interrompre certains paiements spéciaux dans les caisses de retraite de ses employés.

Ensembles, les régimes de retraite d’AbitibiBowater cumulent un déficit de quelque 1,4 milliard de dollars.