L’industrie des régimes de retraite collectifs préconise depuis longtemps une approche de masse. Elle facilite l’inscription des participants, encourage l’épargne et offre des solutions d’investissement automatique. Les actifs sont rééquilibrés périodiquement sans que le participant ait à faire de démarches compliquées.
Mais qu’arrive-t-il lorsqu’un participant se retrouve à 10 ou 15 ans de la retraite ? Devrait-il modifier sa répartition d’actifs pour tenir compte de sa stratégie de décaissement ? Quel genre d’outils ou de services lui offre-t-on pour préparer sa transition ? La réponse n’est pas claire, car notre industrie n’a pas encore réellement pris position sur ce type de services.
Les participants qui approchent de la retraite nous disent qu’ils ont besoin de soutien personnalisé pour définir leurs objectifs de retraite, comprendre les risques auxquels ils devront faire face quand ils seront retraités, explorer différentes options de décaissement et estimer leurs revenus après impôts :
79 % assisteraient probablement ou certainement à une rencontre au travail avec un planificateur de retraite de leur fournisseur de services s’ils en avaient la possibilité;
83 % croient qu’il est important d’avoir un plan de retraite écrit en bonne et due forme, mais seulement 30 % en possèdent un.
Qu’en pensent les responsables de régimes de retraite ?
93 % croient qu’il est important d’avoir un plan de retraite écrit en bonne et due forme.
50 % croient qu’offrir des services de transition aux préretraités rend l’entreprise plus concurrentielle; 35 % sont indécis, et 15 % croient que cela a peu ou pas d’effet.
40 % disent que leur responsabilité vis-à-vis des préretraités prend fin à leur retraite; 40 % sont indécis, et 20 % semblent prêts à accompagner les participants après la retraite.
20 % préfèrent s’abstenir d’offrir des services de transition vers la retraite à cause du risque fiduciaire; 50 % sont indécis, et 30 % semblent peu ou pas préoccupés par le risque fiduciaire.
75 % sont prêts à aider les préretraités s’il n’y a pas de frais supplémentaires.
Les besoins des participants sont-ils conciliables avec ceux des responsables de régimes ? Peut-on offrir un soutien personnalisé tout en gérant son risque fiduciaire ? Les solutions d’investissement automatique peuvent-elles s’avérer inappropriées pour les participants qui approchent de leur retraite ? Il faudra se pencher sur ces questions et revoir le rôle du fournisseur afin mettre au point des services particuliers pour les préretraités en tenant compte des préoccupations des responsables de régimes de retraite.
De leur côté, les responsables de régimes devraient déterminer s’ils veulent être les fiduciaires des retraités. Si la réponse est « oui », ils peuvent mettre en place des régimes de décaissement avec des frais avantageux à même leur programme de retraite. Si la réponse est « non », ils doivent préciser jusqu’où ils acceptent d’intervenir dans les services de transition. Le fournisseur de services sera alors en mesure de recommander des services qui tiennent compte des objectifs du programme, du niveau d’intervention souhaité (temps et ressources, en particulier) et du rôle fiduciaire du responsable de régime. Il pourra aussi proposer différentes stratégies pour mesurer l’incidence des services et favoriser la bonne gouvernance du régime.
Chantal Racicot | Conseillère experte, équipe de Conceptualisation – Développement et gestion des produits chez Standard Life