Les investisseurs n’ont jamais été aussi optimistes face à l’économie mondiale depuis décembre 2005, selon une étude réalisée auprès des gestionnaires de fonds par Merrill Lynch ce mois-ci. La crise bancaire qui se prolonge semble toutefois les retenir d’investir leurs liquidités dans les actions.

Pour la première fois en plus de trois ans, les investisseurs ne prévoient pas de baisse de la croissance économique pour les 12 mois à venir. Le regain d’optimisme concernant l’économie chinoise est au coeur de cette reprise. Il y a à peine deux mois, 70 % des répondants estimaient que la situation économique en Chine allait empirer au cours de cette année. Ce mois-ci, ce chiffre est tombé à seulement 1 %.

Le goût du risque a chuté ce mois-ci puisque, 48 % des personnes responsables du placement des actifs ont admis sous-pondérer les banques, contre 39 % en février. Au total, 22 % ont répondu sous-pondérer les banques de façon soutenue, contre 17 % au mois de février. Les répondants constatent une tendance notable à la baisse concernant le marché des actions de la zone euro et du Japon.

Loin des actions
Au mois de mars, le goût du risque en matière d’actions a enregistré une baisse marquée et ce, malgré l’amélioration des perspectives économiques. Les répondants ont déclaré avoir réduit l’exposition de leurs actions au cours du dernier mois tout en augmentant leurs liquidités et investissements à revenu fixe.

En mars, 41 % des répondants ont sous-pondéré les actions, en hausse par rapport aux 34 % du mois de février. Les actions internationales ont chuté de 15,5 % au moment du sondage. Les investisseurs se sont tournés massivement vers les obligations, avec un taux net de 26 % surpondérant cette catégorie d’actifs, une hausse nette comparativement aux 7 % enregistrés le mois dernier. Les soldes de trésorerie moyens ont augmenté pour atteindre 5,2 %, comparativement aux 4,9 % de février.

Pourtant, certains signes démontrent une période de reprise anticipée. En effet, 42 % des répondants estiment que les actions sont sous-évaluées, en hausse par rapport aux 24 % du mois de février. Des changements dans l’allocation des placements dans différents secteurs indiquent un léger retrait dans les actions les plus stables, telles que celles du secteur pharmaceutique, où 30 % des répondants surpondèrent
désormais le secteur, une baisse par rapport au taux net de 37 % en
février. De la même manière, les répondants ont accru leur exposition dans le secteur technologique, un domaine plus cyclique. Un taux net de 28 % des répondants surpondèrent le secteur, une hausse par rapport aux 15 % du mois de février.

Retour de la zone BRIC
Alors que les États-Unis ne cessent d’alimenter l’optimisme économique, les investisseurs se tournent de plus en plus vers les marchés émergents, et en particulier la Chine.

Pour la première fois depuis août dernier, les répondants ont adopté une position nettement surpondérée concernant les actions des marchés émergents. Un taux net de 4 % surpondère ce secteur alors qu’en février, un taux net de 4 % le sous-pondérait. Dans le même temps, les produits de base ont encore gagné du terrain avec une baisse du nombre d’investisseurs sous-pondérant cette catégorie d’actifs à 6 %, soit un taux inférieur au taux net de 25 % enregistré en janvier.