Un travailleurs senior discute avec un employé plus jeune
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Le ministère du Travail part en campagne auprès des travailleurs de plus de 60 ans pour les convaincre de revenir sur le marché du travail ou d’y rester s’ils le sont et qu’ils envisagent une retraite prochaine.

Il s’agit là d’un des moyens privilégiés pour résoudre les problèmes de recrutement de main-d’œuvre dans bien des secteurs, a indiqué le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, au cours d’une conférence de presse lundi à Montréal.

« J’en appelle aujourd’hui aux travailleurs expérimentés pour qu’ils envisagent une prolongation de carrière ou simplement un retour en emploi », a lancé le ministre Boulet.

« Il faut que les employeurs s’adaptent; le rapport de forces n’est plus le même. » Dans certains secteurs, ce sont pratiquement les candidats qui passent l’employeur en entrevue, pour jauger des conditions de travail qu’il offre, a illustré le ministre.

« Dans ma tournée provinciale, je rencontre des travailleurs expérimentés dans les cafés partout au Québec. Souvent, ils m’interpellent: « M. Boulet, j’ai pris ma retraite il y a 1 an, 2 ans, 3 ans, mais j’aimerais ça retourner sur le marché du travail; j’aimerais ça ne pas avoir à travailler la fin de semaine, j’aimerais ça travailler à temps partiel. » C’est pour ça que les entreprises doivent aussi être accommodantes, s’assurer qu’on est capable de leur offrir des emplois qui respectent leurs capacités et leur volonté de travailler », a résumé le ministre Boulet.

Les employeurs devront donc améliorer diverses conditions pour attirer la main-d’œuvre ou la garder, comme les horaires, les salaires et autres bénéfices et faire preuve de flexibilité, a-t-il fait valoir.

Garder en emploi un travailleur d’expérience permet aussi de faciliter la transmission des connaissances, puisque celui-ci peut agir en mentor, a-t-il souligné.

Avis aux entreprises qui proposent un programme de départs volontaires pour inciter les travailleurs plus expérimentés à quitter, afin d’éviter les mises à pied ou d’en réduire le nombre, « les programmes de départ volontaire vont devenir moins intéressants pour les travailleurs », a fait valoir le ministre.

Il a en effet rappelé les mesures annoncées lors du dernier budget Girard et qui sont encore méconnues, comme un crédit d’impôt pour prolongation de carrière, destiné au travailleur, qui a été bonifié. Il est évalué à 104 M$ par année ou 533 M$ sur cinq ans.

De même, un autre crédit d’impôt, cette fois pour les PME, a été instauré afin de réduire les charges sur la masse salariale des travailleurs de 60 ans et plus. Environ 34 000 petites et moyennes entreprises devraient bénéficier de cet allègement fiscal, au coût de 339 M$ sur cinq ans.