Les employeurs ayant des valeurs paternalistes tendent à disparaître peu à peu, préférant laisser aux employés la liberté de choisir leurs couvertures d’assurance santé ou leurs options de placement de leur régime de retraite. Servier Canada, une société pharmaceutique dont le siège social canadien est situé à Laval, favorise plutôt le bien-être de ses employés en leur offrant un meilleur encadrement, notamment en ce qui concerne l’épargne-retraite.
Le Groupe de recherche Servier représente la plus importante société pharmaceutique privée française. Elle possède des filiales dans 140 pays et compte plus de 20 000 employés de par le monde. Présente au Canada depuis 1978, la filiale canadienne emploie quelque 325 personnes et se concentre sur la recherche, la commercialisation et la distribution de produits pharmaceutiques éthiques. Depuis plusieurs années, elle enregistre une croissance annuelle supérieure à 10 %.
Jean-Pierre Cerantola, directeur, Ressources humaines, a fait son entrée chez Servier Canada en 2007. Dès son arrivée, la refonte du régime de retraite de la compagnie au pays se trouvait sur sa liste de dossiers prioritaires. « Cette refonte avait pour but principal d’offrir un meilleur véhicule d’épargne-retraite aux employés, mais aussi de repositionner la société pour mieux faire face à la concurrence très féroce dans le domaine, particulièrement au Québec », affirme-t-il.
Un régime qui récompense la loyauté
Pour le groupe mondial, les ressources humaines constituent la véritable richesse de l’organisation. La filiale canadienne n’a pour sa part jamais procédé à des mises à pied depuis sa création, il y a 34 ans. « Cela ressemble à un cliché, mais il n’en est rien puisque nous le prouvons constamment en posant des gestes concrets afin d’améliorer le sort de nos employés méritants et loyaux », ajoute M. Cerantola.
À l’automne 2009, la filiale canadienne a entrepris sa réflexion concernant son régime de retraite. Même si la filiale canadienne possède une certaine latitude pour gérer ses activités en fonction du contexte local, M. Cerantola a impliqué dès le départ les gens de Rémunération globale de la maison-mère, à Paris. « En agissant de la sorte, cela nous a permis de tirer avantage des expériences vécues ailleurs dans le monde par nos autres filiales », mentionne-t-il.
Pendant plus d’un an, la filiale canadienne a travaillé intensément à la mise sur pied d’un nouveau régime de retraite
à cotisations déterminées. « L’objectif était d’améliorer sensiblement notre offre en ajoutant des options intéressantes
qui favorisent la rétention des employés », poursuit-il.
Lilly Mirijello, spécialiste en rémunération et avantages sociaux pour Servier au Canada, a mené le processus décisionnel concernant la sélection des partenaires et fournisseurs ainsi que le design retenu pour le nouveau régime de retraite.
« Nous travaillions déjà avec les conseillers d’Aon Hewitt dans le passé et nous aimions beaucoup leur approche, dit-elle. C’est pourquoi nous avons opté pour leur savoir-faire lorsque fut venu le temps de revisiter notre régime de retraite. »
Que ce soit lors de l’évaluation de nos besoins, la conception proprement du régime ou encore pendant la sélection du fournisseur, rien n’a été laissé au hasard. « On sentait que les conseillers d’Aon Hewitt travaillaient vraiment pour nous. S’il y avait un aspect plus ou moins clair dans la proposition des fournisseurs, des éclaircissements étaient immédiatement apportés, évitant du même coup les malentendus », enchaîne-t-elle.
En janvier 2011, Servier Canada était donc prêt à lancer ce nouveau régime plus généreux, surtout pour les employés qui œuvrent pour la société depuis plusieurs années. Toutefois comme le souligne M. Cerantola, il s’agit d’un partage puisque l’employé doit aussi augmenter sa cotisation pour maximiser la contrepartie de l’employeur.
« Avec l’ancien régime en place, l’employeur égalait la contribution de l’employé. Le pourcentage choisi variait entre 3 % et 5 % du salaire de base de l’employé, explique-t-il. Désormais, la contribution de l’employeur peut aller jusqu’à 125 % de celle de l’employé jusqu’à un maximum de 12 % pour l’employeur. »
Par ailleurs, l’employeur peut ajouter 0,5 % en contribution pour chaque tranche de cinq ans de service de l’employé. C’est donc dire qu’un employé qui cotise le maximum et qui posséderait plus de 20 ans de service pourrait accumuler jusqu’à 24 % de son salaire total dans son fonds de retraite.
« Pour nous, il est préférable de récompenser ses employés par des gestes concrets à long terme qui ont une véritable valeur plutôt que de leur offrir des récompenses telles que des gadgets électroniques par exemple. L’employé doit néanmoins faire sa part, mais nous jugeons que de contribuer dans le régime de retraite des employés aura plus de valeur à long terme. »
L’adhésion au régime de capitalisation se fait seulement une fois que le participant compte une année d’expérience au sein de la société pharmaceutique. L’inscription au régime se fait uniquement en ligne; il n’y a plus de paperasse administrative. Grâce à son fournisseur, la Financière Sun Life, toute l’information nécessaire quant au régime ou à l’état de compte pour chacun des individus est facilement accessible en ligne.
M. Cerantola est fier de dire que le nouveau régime a connu un vif succès dès son lancement grâce notamment à sa stratégie de communication. « Plus des deux tiers des employés cotisent la cotisation maximum au régime, souligne-t-il. Par ailleurs, 89 % des employés cotisent au-delà du niveau requis par le régime de base. »
Au service de l’employé
Via la plateforme de son fournisseur, Servier Canada offre 13 fonds de placement à ses employés. L’un d’entre eux est un fonds à date cible, établis en fonction du nombre d’années actives qu’il reste au participant avant de prendre sa retraite. Les 12 autres fonds disponibles sont des fonds à la carte, qui varient selon la tolérance au risque du participant.
« Tout ce que les employés doivent faire est de déterminer le pourcentage de leur salaire qu’ils veulent contribuer et choisir dans quels véhicules ils désirent investir ? Toutes les cotisations sont ensuite prélevées automatiquement à même leur paie. »
Le lancement du nouveau régime a nécessité plusieurs séances d’information destinées aux employés. Comme la société compte des employés à travers le pays, elle a présenté des sessions d’information au siège social de Laval, ainsi que des Webinars.
« Des conseillers financiers de la Sun Life sont venus expliquer le fonctionnement du régime ainsi que la plateforme de placements disponibles », mentionne M. Cerantola.
Pour 2012, des sessions sur l’heure du midi sont prévues pour venir en aide aux employés qui désirent plus d’information. De plus, ces derniers peuvent aussi utiliser la ligne 1-800 pour obtenir plus de renseignements quant à leurs placements ou autres décisions reliées à la planification de la retraite.
D’autre part, afin d’aider les employés et leur éviter des ennuis, Servier Canada demande à chacun des employés l’espace inutilisé pour atteindre le plafond de leurs cotisations annuelles RÉER. Le système informatique conserve les données de chacun des employés. « À partir de ces données, nous pouvons calculer l’espace REER et RPDB restant pour chacun des employés. Si nous atteignons le plafond, nous pouvons transférer l’excédent dans un CÉLI ou un régime d’épargne non enregistré. Cela donne plus de flexibilité aux employés qui désirent maximiser leur épargne-retraite. En agissant de la sorte, ils ne sont pas pénalisés fiscalement », explique M. Cerantola, qui insiste sur le fait que le Dr Servier a toujours eu comme vision d’offrir une retraite confortable à ses employés qui ont participé au succès de la société.
Les nouveaux projets à court terme
Servier Canada entend revoir certains éléments de son régime d’assurance collective dans les prochains mois. À l’opposé de bien d’autres employeurs, cet exercice ne sera pas fait dans le but d’assurer un meilleur contrôle des coûts, mais bien pour favoriser un meilleur bien-être des employés.
« La moyenne d’âge de nos employés est inférieure à 40 ans et la vaste majorité d’entre eux sont en très bonne forme physique. L’idée est de venir en aide à ceux qui souffrent de blessures physiques causées par l’activité physique par exemple, à avoir accès à un spécialiste plus rapidement, dit-il. Le régime en place est très bien, mais il pourrait favoriser un meilleur accès aux traitements. Certains de nos employés subissent des blessures qui, sans les empêcher de travailler, peuvent réduire leur efficacité en raison de douleurs chroniques et persistantes », poursuit-il.
Le système de santé au Canada éprouve certaines lacunes quant aux délais d’intervention. La société pharmaceutique désire donc étudier toutes les options possibles pour que ses employés dans le besoin voir un médecin ou un spécialiste. Tout ça, dans le but de favoriser le bien-être des employés.
« La santé et le bien-être de nos employés font partie intrinsèque de notre culture d’entreprise. Au bout de la ligne, l’entreprise profitera du fait de compter sur des employés heureux et en santé », termine M. Cerantola.