Le marché du crédit privé pourrait s’approcher d’une catastrophe, si on se fie à certains indicateurs. Mais tous les experts ne sont pas convaincus.
Les demandes de remboursement des investisseurs en crédit privé connaissent une accélération, un signe que ce marché pourrait être au bord d’un désastre, selon Reuters.
En effet, les demandes se sont accélérées cette année en raison des inquiétudes concernant la concurrence, la baisse des rendements et les craintes que l’intelligence artificielle fasse chavirer les entreprises de logiciels.
Le marché du crédit privé est prisé par les caisses de retraite, qui y trouvent une source de rendements attractifs.
Or, Blue Owl Capital est la dernière société de crédit privé à avoir reçu un nombre record de demandes de rachat et à plafonner les retraits. Avant elle, d’autres grands acteurs du marché tels qu’Ares Management, Apollo Global, Blackstone, KKR, ainsi que les divisions de crédit privé de banques comme Morgan Stanley, J.P. Morgan et Goldman Sachs ont aussi limité les rachats.
De plus, ces sociétés font face à la hausse des taux d’intérêt sur leurs emprunts bancaires, alors que les rendements de leurs prêts privés sont orientés à la baisse.
Difficultés temporaires?
Des experts considèrent que ces difficultés sont temporaires, car il ne s’agirait que d’un réajustement du secteur du crédit privé, plutôt qu’une crise, poursuit Reuters. Par ailleurs, ces sociétés ont un faible niveau d’endettement, et elles détiennent des créances de premier rang.
Le crédit privé représente environ 35 % du total des investissements des assureurs américains. Or, l’exposition aux pertes sur le crédit privé pourrait peser de manière disproportionnée sur les caisses de retraite américaines et les épargnants particuliers qui ont souscrit des rentes viagères auprès de ces assureurs.
Une débâcle sur le marché du crédit privé se manifesterait par une érosion lente et insidieuse de la sécurité de la retraite, qui ne serait pas aussi spectaculaire que la crise financière de 2008, mais qui serait plus difficile à détecter en temps réel, et plus difficile à inverser.