De nombreux travailleurs canadiens sont insatisfaits de leurs augmentations salariales et jugent que leur employeur se trouve souvent des excuses liées à la conjoncture économique pour justifier une faible progression de leur rémunération.

Dans un récent sondage de H&R Block Canada, 60 % des travailleurs au pays ont indiqué avoir bénéficié d’une hausse de salaire au cours des 12 derniers mois, avec une progression moyenne de 4,3 %. Parmi les répondants ayant reçu une augmentation, les hommes ont déclaré une hausse moyenne de 4,9 %, contre 3,7 % pour les femmes, rapporte Canadian HR Reporter. Près d’un tiers des répondants (29 %) n’ont pas reçu d’augmentation et n’en attendent pas au cours des six prochains mois.

Si 35 % des travailleurs se disent satisfaits de leur augmentation salariale, 38 % adoptent plutôt une attitude neutre face à celle-ci. En revanche, 21 % sont déçus qu’elle ne soit pas plus élevée et 6 % se disent même offensés par le montant de leur augmentation. Dans l’ensemble, 70 % des travailleurs canadiens déclarent que leur revenu ne reflète pas le coût élevé de la vie en 2026.

Plus inquiétant pour les employeurs, la grande majorité des travailleurs (90 %) jugent que les entreprises utilisent souvent l’excuse d’une conjoncture économique difficile pour justifier de faibles hausses salariales, ou encore leur absence. Une proportion importante de répondants (74 %) sont aussi d’avis que « les augmentations salariales ne sont plus la norme »… même si 60 % des personnes sondées ont indiqué avoir bel et bien reçu une telle augmentation. Une grande proportion d’employés (83 %) se laissent par ailleurs aller au cynisme en affirmant que les employeurs accordent moins d’augmentations salariales dans le contexte actuel, car ils se concentrent sur les profits plutôt que sur la fidélisation des employés à long terme.

Autre signe de frustration chez les travailleurs, 67 % des répondants croient que leur employeur fait preuve de partialité en accordant des augmentations plus généreuses aux employés qu’ils apprécient le plus.

Cette insatisfaction latente en matière salariale n’est pas sans risque pour les employeurs. Le rapport de H&R Block montre que le niveau de rémunération est lié à l’engagement et à la fidélisation. Ainsi, 63 % des travailleurs canadiens affirment qu’ils seraient plus motivés à travailler davantage s’ils étaient mieux rémunérés, tandis que 44 % déclarent que leur frustration face à leur salaire les rend moins disposés à redoubler d’efforts.

Ce sentiment est le plus marqué chez les jeunes travailleurs âgés de 18 à 34 ans (47 %), contre 38 % chez les 35-54 ans et 27 % chez les 55 ans et plus. Par ailleurs, plus de quatre Canadiens sur dix (43 %) déclarent que leur salaire leur donne le sentiment d’être sous-estimés par leur employeur, et 30 % affirment que s’ils ne bénéficient pas d’une augmentation de salaire, ils chercheront un nouvel emploi au cours des 12 prochains mois.

En moyenne, les Canadiens estiment qu’un adulte célibataire a besoin d’un revenu annuel de près de 85 000 $ pour « s’en sortir et mettre un peu d’argent de côté ». Ce seuil perçu est plus bas au Québec, à 76 000 $.