Les caisses de retraite sont bien davantage disposées à soutenir les résolutions des actionnaires portant sur les facteurs ESG, que ne le font les gestionnaires d’actifs.

Les propriétaires d’actifs, parmi lesquels les caisses de retraite, ont tendance à davantage soutenir les propositions sur les questions liées au développement durable, comparativement aux gestionnaires d’actifs.

La détention directe d’actifs est reliée à un appui supérieur d’un tiers par rapport à celui déployé par des professionnels mandatés pour gérer les portefeuilles d’actifs, indique une étude du cabinet de conseil en vote par procuration OxProx et de Kaivalya Research, relayée par The Globe and Mail.

L’étude a porté sur 4,6 millions de votes effectués par 464 investisseurs aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Canada.

Au Canada, les propriétaires d’actifs votent en faveur des résolutions à thématique sociale à un taux près de 23 points de pourcentage plus élevé que les gestionnaires d’actifs, montre le rapport. L’écart sur les votes liés à la gouvernance est de 15 points, sur la chaîne d’approvisionnement de 14,5 points et sur l’environnement de 7,6 points. L’Écart est bien plus élevé quand on compare le vote des propriétaires d’actifs canadiens et celui des gestionnaires américains.

Le rapport met en lumière les risques pour les propriétaires d’actifs qui sont favorables à davantage d’action sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

« C’est un problème pour les propriétaires d’actifs, car cela peut compromettre leurs efforts de gérance. Ainsi, si un propriétaire d’actifs, comme une caisse de retraite, affiche son engagement envers la durabilité et la gérance, et s’il travaille avec un gestionnaire d’actifs qui vote contre la durabilité et la philosophie de gérance du propriétaire, cela soulève des questions quant à savoir si les votes sont exprimés dans l’intérêt des clients et des bénéficiaires », s’inquiète Dustyn Lanz, directeur général d’OxProx, cité par le quotidien.

Cette distorsion a déjà conduit de grandes caisses de retraite à rompre avec des gestionnaires d’actifs. La caisse de retraite danoise AkademikerPension a mis fin à son mandat avec State Street Global Advisors. Les caisses de retraite néerlandaises PFZW et PME ont brisé leurs contrats avec BlackRock, en raison de désaccords sur le vote et l’engagement sur les questions climatiques.

Au niveau mondial, les plus grands écarts de vote apparaissent dans les propositions d’actionnaires liées aux risques ESG dans la chaîne d’approvisionnement (30,1 points de pourcentage), aux questions sociales (29 points), aux propositions environnementales portées par les actionnaires (27 points) et aux questions climatiques (23 points).