Lorsqu’il s’agit de lancer ou de modifier un programme d’assurances collectives, nombre de petites et moyennes entreprises (PME) n’ayant pas les ressources pour en exécuter adéquatement la mise en œuvre font face à des défis de taille. Si les trois quarts des PME de 20 employés ou plus offrent un programme d’assurances collectives1, seulement un tiers de celles qui comptent moins de 20 employés disposent des mêmes avantages, selon une étude d’Ipsos Reid réalisée en 2012. Or, un régime d’assurances collectives peut avoir une grande incidence sur la motivation et l’implication des employés. En fait, un sondage réalisé l’année dernière par Environics Research Group révèle que 94 % des employés de PME estiment importants les régimes d’assurance maladie et d’assurance vie concurrentiels.

Mais par où commencer ? La plupart des PME intéressées par un programme d’assurances collectives ne possèdent pas de service de ressources humaines ou de politiques et stratégies précises en la matière. Dans ces entreprises, un employé assume habituellement ces responsabilités à temps partiel, en plus de ses autres tâches. Par conséquent, il importe que ces PME établissent une stratégie de ressources humaines intégrant les assurances collectives. Les avantages offerts doivent appuyer les objectifs stratégiques tels que ceux relatifs au recrutement et à la fidélisation des employés.

Première étape : les PME doivent établir le profil démographique de leurs employés, incluant une appréciation de leur état de santé et de leur bien-être en fonction de leurs habitudes de vie. Accomplie en un rien de temps, cette appréciation est pourtant indispensable pour établir un programme optimal d’assurances collectives. Ensuite, il convient de trouver un conseiller compétent en assurances collectives se montrant en mesure de contribuer à la conception du programme et à la sélection de l’assureur. Notons qu’un conseiller expérimenté en régimes de retraite collectifs s’avèrera utile tant pour la conception du programme d’assurances collectives que du régime de retraite collectif. Les conseillers peuvent aider les PME dans l’organisation et la gestion internes d’un comité responsable des initiatives d’assurances collectives. Ils viennent aussi les seconder dans la collecte des renseignements personnels, notamment l’évaluation du bien-être des employés, pour s’assurer que les régimes d’assurances collectives s’adaptent parfaitement aux besoins de ces derniers.

L’employeur doit aussi penser au contrôle des coûts. Bien qu’il existe mille et une manières d’évaluer ces derniers, on recommande fortement d’avoir une vision globale. Les PME doivent mesurer non seulement leurs coûts réels, mais aussi leurs coûts indirects tels que ceux liés à la productivité, aux absences occasionnelles et au recrutement. Un assureur ou un conseiller pourrait probablement déterminer et quantifier certains des coûts.

Lors d’un entretien avec un conseiller en assurances collectives, il convient de tenir compte des éléments suivants :

Administration

Ne trouvant guère le temps d’administrer des programmes d’assurances collectives, la plupart des PME doivent faire appel à une compagnie d’assurance disposant des outils et ressources pour faciliter cette tâche. Il faut atteindre l’équilibre entre technologie et capital humain grâce à un système administratif en ligne et à une équipe spécialisée se chargeant de résoudre les problèmes nécessitant une intervention humaine. Sans le soutien voulu, c’est du gaspillage de temps et d’argent.

Gestion des absences

L’absence des employés fragilise toutes les entreprises, grandes ou petites, mais surtout les PME. Ces dernières possédant moins de ressources vers lesquelles se tourner, l’absence d’un employé clé peut entraîner des conséquences démesurées sur le déroulement des activités. De nombreuses PME sous-estiment l’importance d’un partenariat avec un assureur pour bien gérer les absences, qu’elles soient occasionnelles, liées au travail, ou de courte ou longue durée. L’absentéisme entraîne non seulement des coûts directs, mais aussi des coûts opérationnels indirects. L’entreprise ainsi privée de ses compétences et de sa productivité verra la formation des remplaçants augmenter, impliquant des frais et affectant le moral des employés. Les compagnies d’assurance sont en mesure d’aider les PME à gérer chaque cas particulier d’absentéisme et soutenir les employés pour qu’ils reviennent au travail rapidement et dans les meilleures conditions. Elles déterminent les mesures à prendre et recommandent diagnostics, traitements, séances de réadaptation ou soutien permettant d’alléger le fardeau physique, psychologique, affectif et financier de la maladie.

Mieux-être et prévention

Parmi les entreprises les mieux cotées dans les sondages sur les meilleurs employeurs, nombreuses sont celles qui misent sur le mieux-être des employés. Visant à promouvoir la santé individuelle, un environnement de travail sain et une bonne ambiance professionnelle, ces entreprises disposent de programmes efficaces qui réduisent les coûts d’assurance collective et accroissent la productivité. Par contre, cela nécessite un investissement à long terme. Les PME qui n’ont ni le temps ni les ressources pour gérer une initiative de promotion du mieux-être peuvent demander l’aide d’une compagnie d’assurance. Certaines offrent du savoir-faire interne, des séminaires de formation en ligne à l’intention des cadres ou encore la possibilité de sonder les employés pour faciliter la conception du programme.

Les assureurs offrent aussi la gestion des programmes de maladies graves qui mettent l’accent sur la personne, et non sur la maladie. En plus d’assurer la conformité et les traitements, ceux-ci fournissent de l’information, des ressources et d’autres formes de soutien adaptées aux besoins de chaque client. Grâce à ces programmes, les personnes souffrant d’une maladie grave pourront reprendre leur vie en main et affronteront les conséquences personnelles et sociales de même que les aspects médicaux de leur état de santé.

Gestion des médicaments

Les programmes de gestion des médicaments préoccupent vivement les entreprises, grandes ou petites. L’arrivée de médicaments de marque ou biologiques coûteux les oblige à optimiser l’utilisation des médicaments à base de narcotique et à contrôler les coûts. La formation et l’implication des employés représentent donc des facteurs clés pour assurer la viabilité à long terme des régimes d’assurance médicaments. Il relève des assureurs et des conseillers d’aider les entreprises à concevoir de bonnes stratégies de communication.

Dans le cadre des programmes provinciaux d’assurance maladie, on remplace présentement les médicaments de marque par des équivalents génériques à coût moindre. On constate également que les compagnies d’assurance privées adoptent elles aussi un mode de remboursement basé sur le recours obligatoire aux médicaments génériques. Pour ces compagnies tout comme pour les pharmaciens, il s’agit d’un mécanisme de compression des coûts facile à expliquer. Au Québec, tous les médicaments inscrits sur la Liste des médicaments de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) sont en général admissibles à la couverture du régime collectif. Cette liste comprend également les médicaments classifiés dans la catégorie exception utilisés à des fins précisées.

Un programme standard de gestion des médicaments doit aussi prévoir une régie rigoureuse comportant les contrôles des médicaments à base de narcotique et des médicaments en milieu hospitalier, de même qu’une intégration avec les régimes provinciaux d’assurance médicaments. Devant être faciles à accepter et à comprendre par les employés, ces fonctions se trouvent généralement automatisées.

Fondée généralement sur des directives de Santé Canada, l’autorisation préalable consiste en un processus de contrôle permettant de veiller à ce que seules les maladies approuvées fassent l’objet d’ordonnances de médicaments. Les demandes de médication pour les maladies non approuvées subissent souvent un refus. Les compagnies d’assurance guident les participants dans le processus d’autorisation préalable. Elles doivent faire preuve de circonspection dans la sélection des médicaments assurables, sans pour autant sélectionner les médicaments seulement en fonction du coût. Elles tâchent plutôt de cerner et d’éliminer les médicaments prescrits couramment pour les maladies non approuvées.

Certains assureurs vont même plus loin : ils insistent pour que les médicaments soient prescrits dans un souci d’économie. Ils ne couvrent le coût des médicaments pour les traitements de deuxième et de troisième lignes que lorsque le traitement de première ligne s’est révélé inefficace, a produit des effets secondaires indésirables ou est contre-indiqué. Dans tous les cas, les employés touchés doivent soumettre un formulaire rempli par leur médecin pour confirmer leur état clinique et expliquer la nécessité d’un médicament en particulier.

Les programmes de gestion des médicaments devraient aussi cadrer avec les programmes de pharmacothérapie spécialisés et d’autres règlements provinciaux. Dans certaines provinces, ces programmes subventionnés par l’État couvrent en tout ou en partie le coût de certains médicaments pour patients non hospitalisés, servant au traitement d’affections graves. L’assurance collective ne financera donc pas les médicaments couverts par ces régimes. Cette mesure constitue l’un des moyens les plus efficaces de contrôler le coût des régimes de gestion des médicaments. Or, au Québec, la situation diffère puisque les assureurs doivent se conformer à la Loi sur l’assurance médicaments et au Règlement d’application de la Loi, qui rendent obligatoire le remboursement de tous les médicaments, ordinaires ou d’exception, inscrits sur la liste provinciale. La RAMQ défraie les coûts des médicaments spécialisés pour les personnes couvertes uniquement par le régime public, alors que les assureurs sont tenus de rembourser les personnes inscrites à leurs programmes d’assurances collectives.

Avant de lancer ou de modifier un programme d’assurances collectives ou un régime de gestion de médicaments, il faut tenir compte de nombreux facteurs. Il est essentiel de miser sur la facilité d’administration et de compréhension. Grâce à des programmes bien planifiés et conçus en collaboration avec des conseillers en assurance compétents, les PME peuvent se doter de régimes avantageux pour leurs employés, des programmes qui sont adaptés à leurs stratégies à long terme dans la gestion des ressources humaines.

Jacques Latour est vice-président, Assurances collectives à la Standard Life.

1Statistique Canada, Enquête sur le milieu de travail et les employés – compendium 2005.