Shanghai en Chine la nuit
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Les récentes relations entre le Canada et la Chine pourraient élargir les opportunités d’investissement institutionnel, notamment par les caisses de retraite canadiennes.

Le Canada et la Chine s’engagent de manière pragmatique dans la mise en place d’une relation de travail modernisée qui pourrait inclure des investissements de capitaux privés, explique Jia Wang, chercheur principal à l’Institut chinois de l’Université de l’Alberta et chercheur principal à la Fondation Asie-Pacifique.

La semaine dernière, le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, a tenu plusieurs réunions avec des responsables chinois à Pékin pour discuter des opportunités commerciales et des alliances d’affaires, à la suite d’une visite officielle du premier ministre Mark Carney en janvier.

« Ce niveau d’engagement marque un renouveau du marché par rapport à ce qu’ont été les relations au cours des [huit dernières] années », explique M. Wang.

Dans une déclaration commune, M. Champagne, qui était également accompagné du gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, lors de ces réunions, a déclaré que les deux pays reconnaissaient « le rôle important que joue le secteur financier dans la croissance économique et la facilitation des échanges et des investissements bilatéraux, ainsi que les avantages d’un approfondissement des relations entre leurs autorités financières respectives ».

L’économie chinoise fait preuve de résilience malgré les tensions, affirme M. Wang, soulignant qu’il serait irresponsable pour le Canada, en tant que pays dépendant du commerce et ayant besoin de capitaux et de marchés porteurs dans lesquels investir, de se détourner des opportunités commerciales en Chine. « C’est tout simplement un pays que nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer. »

Les flux d’investissement des caisses de retraite canadiennes vers ce pays ont diminué au début de la décennie, selon un rapport de l’Asia Pacific Foundation. La Chine était le deuxième marché d’investissement pour ces investisseurs entre 2003 et 2018, derrière l’Australie. Cependant, cette tendance a commencé à s’inverser entre 2019 et 2023, lorsque les flux d’investissement vers la Chine ont chuté à environ 3 % par rapport au reste de la région. La valeur financière est passée de 627 millions de dollars en 2020 à 423 millions de dollars en 2021.

Selon un article du Globe and Mail, le vice-Premier ministre chinois He Lifeng a déclaré que la réunion des responsables économiques constituait une étape clé faisant suite à la visite de M. Carney auprès du président Xi Jinping plus tôt dans l’année. « Grâce à cette rencontre, nos relations bilatérales, qui étaient au plus bas depuis des années, ainsi que nos liens économiques et commerciaux, ont été redynamisés, et c’est en effet quelque chose dont nous nous réjouissons beaucoup. »

Mme Wang considère qu’une approche équilibrée entre les deux pays constitue une bonne mesure pour renforcer le niveau d’engagement des investisseurs institutionnels canadiens sur le marché chinois, qui est de plus en plus axé sur la technologie, ajoute-t-elle.

« De nombreuses caisses de retraite investissent en notre nom à tous, […] les tensions politiques et les frictions entre les deux économies sont une chose. Mais en même temps, nous devons également nous demander si ces caisses de retraite génèrent des [rendements] adéquats pour tous les Canadiens. »

La Chine s’apprête également à faciliter l’accès à de nouveaux secteurs d’investissement pour les capitaux privés étrangers, selon un plan quinquennal récemment publié, a noté Mme Wang. « Le gouvernement [chinois] espère attirer davantage d’investissements étrangers, ce qui signifie également qu’il va créer un environnement plus favorable aux investisseurs. »

Un rapport publié en mars par le China Cross-Border Monitor a estimé le volume total des investissements directs étrangers à 124 milliards de dollars américains en 2025, soit une augmentation de 18 % par rapport à 2024. Les capitaux nationaux ont principalement été attirés par les centres de données, les matériaux et les biens de consommation, a noté le rapport.

Ce texte a été publié initialement sur Benefits Canada.