Les caisses de retraite contribuent à la mise en place d’infrastructures sociales, mais il est nécessaire d’en mesurer l’impact.
Les caisses de retraite peuvent contribuer à l’amélioration de la société sans pour autant compromettre leur intégrité fiduciaire ni leur viabilité financière, selon un rapport du Centre international pour la gestion des pensions (ICPM).
Après avoir travaillé sur un document consacré aux infrastructures sociales et organisé une table ronde, ce qui semblait au départ être une présentation ponctuelle s’est transformé en un groupe de travail international au sein de l’ICPM, selon Gareth Gibbins, expert en retraites et en politiques publiques, coauteur du rapport et membre du groupe de travail.
Les infrastructures sociales, précise le rapport, comprennent des espaces physiques tels que les écoles et les hôpitaux, ainsi que des systèmes immatériels comme la confiance et les réseaux communautaires. « Les caisses de retraite agissent déjà en ce sens sans même en avoir conscience en termes de valeur sociale qu’ils génèrent », explique M. Gibbins.
Ces organismes d’investissement sont confrontés au vieillissement de la population qui met à rude épreuve les systèmes publics, ce qui rend la stabilité des caisses de retraite essentielle à la sécurité sociale, note le rapport.
Il comprend également une matrice d’infrastructures dans laquelle les caisses de retraite peuvent visualiser leurs actifs selon quatre catégories différentes couvrant les installations et structures tangibles qui soutiennent l’économie. Celles-ci comprennent les transports, les installations physiques conçues pour le bien-être d’une communauté, les actifs non physiques contribuant au fonctionnement efficace et à la croissance de l’économie, ainsi que les actifs immatériels contribuant au développement d’une société.
« Nous sommes tous conscients qu’il est plus facile de communiquer lorsqu’on peut chiffrer les choses, […] mais il est difficile de parler des aspects qualitatifs », ajoute-t-il.
Le rapport soutient qu’outre la reconnaissance de l’infrastructure sociale déjà mise en place par les caisses de retraite, ces organisations devraient mesurer et rendre compte de ces résultats afin que davantage d’actions puissent être menées sur la base de données factuelles.
M. Gibbins précise que ce rapport n’a pas pour but de promouvoir la cause environnementale, sociale et de gouvernance, ni d’examiner les opportunités d’investissement à impact social, ni d’appeler les caisses de retraite à investir davantage sur les marchés nationaux pour stimuler la croissance économique. « Le point de départ, c’est cet impact social — l’infrastructure sociale que les régimes créent existe déjà de par leur nature même. Tout ce qui figure dans le plan d’action est conçu pour être conforme au devoir d’une caisse de retraite — il ne s’agit pas de compromis, ni de maximiser les rendements ajustés au risque, ni de protéger l’environnement. »
Le rapport souligne que l’impact peut être mesuré à l’aide de l’indicateur de retour social sur investissement, qui exprime les résultats non financiers en termes monétaires. Les organisations pourraient également travailler à l’élaboration d’indicateurs d’impact adaptés à leur mission. Il a également été constaté qu’en démontrant la valeur sociale à l’aide de mesures précises, ces organisations peuvent conférer une légitimité et une clarté stratégique à ce travail.
Ce texte a été publié initialement sur Benefits Canada.