Deux versions génériques d’Ozempic font leur apparition dans les pharmacies canadiennes.
Deux versions génériques d’Ozempic devraient faire leur apparition dans les pharmacies canadiennes cette semaine, offrant aux patients qui utilisent ce médicament pour traiter le diabète ou pour perdre du poids plus d’options à un coût nettement inférieur.
Santé Canada a approuvé il y a environ trois semaines les versions génériques du sémaglutide — le principe actif utilisé par la marque Ozempic — de Dr. Reddy’s et d’Apotex.
Apotex, dont le siège social se trouve au Canada, a commencé à livrer son produit mardi. La société indienne Dr. Reddy’s indique que son sémaglutide est déjà disponible dans certaines pharmacies canadiennes et qu’il sera plus largement accessible à travers le pays dans les prochains jours.
Apotex affirme que sa version générique à base de sémaglutide coûtera environ un tiers du prix de l’Ozempic de Novo Nordisk. Un porte-parole de Dr. Reddy’s n’a pas divulgué de détails sur le prix, se contentant de dire qu’il serait « compétitif ». L’Ozempic peut actuellement coûter plusieurs centaines de dollars par mois.
L’Ozempic et les produits génériques à base de sémaglutide sont approuvés par Santé Canada pour le traitement du diabète, mais certains médecins les prescrivent pour la perte de poids.
Selon la structure tarifaire de l’Alliance pharmaceutique pancanadienne, lorsque deux médicaments génériques arrivent sur le marché, ils sont au moins 50 % moins chers que le médicament de marque, mais les entreprises peuvent les vendre à un prix inférieur.
Vital, l’association représentant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique au Canada, a confirmé que les produits génériques à base de sémaglutide sont en route vers les pharmacies. Ils doivent d’abord passer par les distributeurs.
« Les patients doivent savoir que la disponibilité peut varier d’une région à l’autre à mesure que les produits circulent dans la chaîne d’approvisionnement vers les plus de 10 000 pharmacies du Canada », a expliqué un porte-parole de Vital dans un communiqué envoyé par courriel. « Les fabricants, les distributeurs et les pharmacies travaillent en collaboration pour garantir que l’approvisionnement parvienne aux patients en toute sécurité et dans les meilleurs délais. »
Question de couverture
Mina Tadrous, expert en politique pharmaceutique à l’Université de Toronto, estime que la popularité de l’Ozempic et le vif intérêt du public pour une version moins chère étaient « sans précédent ».
Selon lui, les premiers patients à recevoir le sémaglutide générique seront probablement ceux qui paient de leur poche, car il faudra un certain temps pour que ces nouveaux produits soient ajoutés aux listes de médicaments remboursables des provinces et aux régimes d’assurance privée pour les patients dont les frais de médicaments sont pris en charge.
L’Association canadienne des pharmacies de quartier a écrit dans un courriel que, si les régimes publics et privés d’assurance ajoutent les médicaments génériques à leurs listes, ceux-ci pourraient se substituer au médicament de marque Ozempic.
« Étant donné que Santé Canada a approuvé ces produits (Dr. Reddy’s et Apotex) en tant qu’équivalents génériques de l’Ozempic, les pharmaciens peuvent substituer le générique au produit de marque, conformément aux règles provinciales de substitution en vigueur, à moins que le prescripteur n’ait indiqué le contraire ou qu’il existe une raison clinique pour laquelle le patient a besoin du produit de marque », a expliqué par courriel Alison Kraayvanger, porte-parole de l’association.
« La décision de rembourser ou non les versions génériques plutôt que le produit de marque, ainsi que le moment où ce sera fait, sera prise de manière indépendante par chaque régime provincial d’assurance-médicaments et chaque assureur privé », a-t-elle écrit.
« Bien que nous ne puissions pas spéculer sur des délais précis ou des décisions de couverture, il serait raisonnable de s’attendre à ce que les économies potentielles liées à l’arrivée des génériques suscitent un intérêt considérable. »
Novo Nordisk Canada a indiqué dans un communiqué qu’elle explorait « activement toute une gamme de stratégies pour répondre à l’évolution des conditions du marché et des besoins des patients » et a indiqué qu’elle proposait un programme d’économies à certains patients.
M. Tadrous a tenu à rappeler que les entreprises pharmaceutiques couvrent parfois la différence entre le coût du générique et celui du médicament de marque afin d’encourager les patients à rester fidèles à leur produit.
Mais « le diable est dans les détails », a-t-il ajouté, soulignant que les pharmaciens seront en mesure d’aider les clients à comprendre ce qui leur est proposé.
Santé Canada examine toujours plusieurs autres demandes concernant le sémaglutide générique.