L’utilisation de l’Intelligence artificielle est susceptible de perturber le rapport entre les employés et leur travail, au point d’affecter lourdement leur santé mentale.

L’impact de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) sur les travailleurs se limite encore largement aux risques de pertes d’emplois. Mais les employés ne sont pas à l’abri de conséquences lourdes.

Les employeurs doivent se préparer à une vague d’effets psychologiques liés à l’automatisation, affirme Stephanie McNamara, chercheuse à l’Université de Floride, citée par HR Reporter.

L’experte a coécrit une étude sur le concept de dysfonctionnement de remplacement de l’intelligence artificielle. Cette recherche décrit la détresse psychologique et les effets négatifs sur la santé mentale auxquels les travailleurs sont confrontés quand l’IA menace de remplacer leur emploi.

Cette menace peut se manifester par des symptômes psychologiques, y compris l’anxiété, l’insomnie, la démoralisation et une profonde perte d’identité professionnelle. Ces symptômes témoignent d’une perturbation profonde du rapport entre les employés et leur travail.

Les travailleurs doivent faire face aux défis de la surcharge cognitive, de la gestion des résultats de l’IA, de la vérification de l’exactitude, ainsi que des préoccupations quant à l’érosion et à la dépendance des compétences.

Ainsi, les travailleurs peuvent éprouver de l’anxiété en se demandant si leurs capacités diminuent à mesure que l’IA assume de plus en plus de tâches. Leur confiance peut être réduite dans leur propre jugement, renforçant encore la dépendance à l’IA.

Au bout du compte, les employés peuvent ressentir de la perte d’identité professionnelle et des pertes d’objectifs.

Selon Stephanie McNamara, le moment critique est celui où l’IA ne sert plus seulement à soutenir la pensée humaine, mais où elle commence à la remplacer. C’est le cas lorsque l’IA réalise tout le travail et prend les décisions, sans que les travailleurs vérifient ces choix.

La chercheuse recommande aux organisations de définir clairement l’IA comme un assistant plutôt qu’un remplaçant, et de conserver une importante surveillance humaine.

Le développement de la pensée critique devrait être assuré, afin que les travailleurs comprennent quand miser sur l’IA, et quand ne pas le faire.