Les restrictions imposées par des employeurs sur le télétravail menacent l’accès équitable au travail.
Les politiques de retour au bureau menacent de réduire la possibilité de certains employés de pouvoir travailler.
Le télétravail « a permis à des personnes ayant avec des incapacités de participer au travail en réduisant des contraintes du présentiel, comme le transport ou la rigidité d’horaire », souligne Alexandra Lecours, professeure en ergothérapie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), dans un texte publié sur La Conversation.
Or, des employeurs prônent désormais le retour au présentiel, en invoquant l’efficacité collective, la créativité, la cohésion et le mentorat.
Si ces objectifs sont à prendre en compte, « la présence obligatoire n’impose pas le même coût de participation selon les personnes », poursuit Alexandra Lecours.
C’est que le travail en présentiel impose des déplacements, des contraintes d’horaire et un environnement spécifique, créant un désavantage lié à l’incapacité. L’organisation impose alors « une norme implicite: celle d’un travailleur mobile, disponible et stable sur le plan fonctionnel. Il impose des exigences qui semblent ordinaires, mais qui deviennent sélectives dans leurs effets ».
Le télétravail n’est pas exempt de risques pour les personnes en incapacité, qui peuvent être confrontées à l’isolement et à la difficulté de maintenir des limites horaires. La professeure en ergothérapie pointe l’importance que l’organisation reconnaisse ces risques et mette en place des balises pour les prévenir. Cela passe par la définition de règles claires, stables et prévisibles, afin de garantir un accès équitable au travail… afin que les travailleurs concernés ne soient pas soumis à un régime d’exception, qui les rendrait vulnérables aux changements organisationnels.